Vendredi 13 août 2004 : Tarkaddit - Azib Imi'n'Ikkiss
Le plateau de Tarkaddit, camp de base du M'Goun, est le lieu de rencontre de bon nombre de groupes de randonneurs. C'est donc un endroit malheureusement pas suffisamment respecté : des multitudes de papiers toilette, quelques boites de conserve et même des plastiques traînent ça et là. Le respect de la nature n'est pas encore entré dans les mœurs de tous et c'est vraiment dommage... C'est assez énervant de voir comment certains peuvent dégrader rapidement l'environnement, au moment même où nous nous efforçons de ne laisser aucune trace de notre passage.
Après ce coup de gueule matinal, la journée a plutôt l'air d'une ballade usante pour les jambes. La pause déjeuner (et la désormais célèbre sieste marocaine) est un intermède reposant à l'ombre des genévriers thurifères qui composent une forêt très clairsemée au milieu d'une descente raide qui nous paraît interminable. Nous arrivons après les derniers mètres de descente (aïe aïe aïe les genoux...) à la vallée de l'Assif Tessaout. Le premier village, Tasgaîwalt, se découvre petit à petit sous nos yeux, dans un décor verdoyant formé par les cultures en terrasses, entouré par des falaises et des collines minérales ocres. Un spectacle magnifique qui prends beaucoup d'espace sur nos pellicules photos numériques. Le réseau d'irrigation forme un dédale difficile à comprendre pour des néophytes comme nous : tout est pensé à la perfection pour alimenter en eau de la rivière chaque parcelle cultivée.
La fin du parcours est ponctuée de quelques averses d'orage. Nous jouons aux plus rapides pour arriver au bivouac et monter les tentes avant les grosses pluies. Mission accomplie, il s'en est vraiment fallu de peu : le dernier piquet planté marque le début des hostilités, qui finissent finalement peu après et c'est sous un ciel étoilé que nous nous couchons. Quelle chance encore une fois !
Samedi 14 août 2004 : Azib Imi'n'Ikkiss - Megdaz
Nous longeons de nouveau l'Assif Tessaout pour arriver tout d'abord à Ichbakken, magnifique village accroché sur un rocher. Momo, notre guide, y retrouve un ami d'enfance qu'il n'avait pas vu depuis 25 ans ! C'est l'occasion d'une invitation à boire un succulent thé accompagné de cacahuètes. Nous étions même conviés à rester déjeuner, mais il nous reste trop de chemin pour s'arrêter si longtemps.
Le reste du parcours est moins intéressant, mais les paysages marocains sont toujours aussi étonnants. La journée se termine à Megdaz, petit village d'une vallée avoisinante. Les mules à l'ombre des noyers centenaires, sont impressionnantes de quiétude et de sagesse. Mais quand c'est l'heure de manger l'orge, elles trépignent d'impatience...
Dimanche 15 août 2004 : Megdaz - Igourtane
La montée vers le Tizi'n'Megdaz nous offre un superbe panorama sur le village de Megdaz que nous venons de quitter. Ce village, installé sur les deux versants de la montagne et séparé par un oued, est composé de nombreuses maisons de briques séchées ocres et de parcelles cultivées verdoyantes où trônent de nombreux noyers.
La matinée nous paraît courte : nous devons être particulièrement en forme aujourd'hui. Cependant, l'après-midi est plutôt car nous empiétons sur l'étape de demain. Heureusement nous profitons d'un bon thé à la menthe au village d'Angnout pour nous ressourcer et repartir sur de bonnes bases. L'hospitalité berbère est encore une fois à mettre au premier plan.
Nous débouchons un peu plus loin sur une route goudronnée (qui relie Marrakech et Ouarzazate) surplombée d'une ligne à haute tension. Un tel revêtement, nous n'en avions pas vu depuis deux semaines... Nous avons même croisé deux voitures pendant que nous la longions, dont une Peugeot (prononcer Pijoute) 504 break pleine à craquer.
L'arrivée à Igourtane est un soulagement pour tous !
Lundi 16 août 2004 : Igourtane - Assif Terga
Dès la sortie du village, nous grimpons terriblement en direction du Tizi'n'Warg. Même si le panorama sur le village est splendide, cela entame une bonne partie de notre potentiel physique. Canz n'a même plus de jambes, elles ne répondent plus, ne soutiennent plus rien. Les pieds ne se posent pas là où le cerveau le voudrait. Heureusement les bâtons maintiennent le si peu d'équilibre nécessaire pour éviter les chutes (souvent de justesse...).
Momo cherche son chemin à travers ces montagnes vraiment sauvages. Le sentier n'est pas clairement défini... On se demande même parfois s'il en existe un ! Les mules sont aussi mises à rude épreuve lors de cette étape, car les chemins sont vraiment très escarpés.
Nous arrivons finalement à bon port, au bord de l'Assif Terga en tout début d'après-midi. Il nous reste plus qu'à déjeuner et faire une longue sieste pour nous reposer de toutes ces émotions...
Mardi 17 août 2004 : Assif Terga - Azib M'Chalte
En guise d'entrée, nous montons au Tizi Tighaline qui, par son altitude de 3000 mètres environ, nous inflige 1000 mètres de dénivelées positives. Grâce à un départ matinal, tout se passe dans la "douceur" et c'est frais comme des gardons (enfin presque...) que nous avalons une orange bien méritée à son sommet. Les paysages de montagne encadrant les hauts plateaux peuplés par les bergers nomades et leurs troupeaux de chèvres et moutons sont somptueux au soleil montant.
C'est déjà avec l'astre solaire bien haut dans le ciel que nous attaquons le plat de résistance. Nous suivons des gorges escarpées le long d'un ruisseau totalement à sec. Gare à ceux qui ont oublié de se badigeonner de crème solaire : cette cuvette accentue la chaleur et l'effet rougissant des rayons ultraviolets, malgré deux semaines d'exposition... Quel four !
Nous arrivons enfin au Lac M'Chalte, ou plutôt ce qu'il en reste, véritable hâvre de paix et garde manger pour tout le bétail vivant dans ces montagnes. C'est là que nous choisissons de nous poser pour déjeuner et nous reposer un peu avant la suite des festivités.
Le dessert est composé d'une succession de petits plateaux herbeux où résistent quelques bergeries fabriquées de pierres brutes. Le bivouac se situe sur l'un d'entre eux. Ce soir, nous dormirons dans un lit douillet formé d'une couche herbeuse très molle. Quel bonheur après tous ces revêtements caillouteux rencontrées les journées précédentes !
Mercredi 18 août 2004 : Azib M'Chalte - Titoula
Nous quittons notre bivouac douillet de bonne heure la matin pour échapper aux chaleurs excessives. Nous remontons un col pour changer de vallée et nous croisons un nombre impressionnant de troupeaux gardés par des chiens qui aboient à tue-tête dès notre arrivée. Mais ils ne sont pas très courageux et plutôt craintifs finalement. Ils ne donnent pas vraiment l'impression d'être de bons gardiens de troupeau, mais juste de bons acteurs qui justifient leur pitance du soir.
Le déjeuner se fait sur un rocher en plein vent et la sieste est très difficile avec toutes ces rafales... La descente sur le village de Titoula nous fait voir de jolis panoramas, malheureusement gâchés par une ligne à haute tension qui court sur les montagnes.