Samedi 31 juillet 2004 : Arrivée à Marrakech
L'aventure commence par un rude réveil peu avant 4 heures du matin. Nous avons rendez-vous à l'aéroport de bonne heure pour une arrivée à Marrakech vers 9 heures, heure locale. Les 2 heures de décalage horaire nous perturbent immédiatement, si bien qu'après avoir été accueillis chaleureusement, nous entamons une petite sieste bien méritée au bord de la piscine grand luxe dans lequel nous allons passer notre première nuit marocaine. L'exposition au soleil est timide et mesurée pour éviter de ressembler trop vite à des écrevisses grillées...
Deux heures de sieste plus tard, nous partons nous balader dans Marrakech. Les petites ruelles du souk sont charmantes avec toutes ses échoppes colorées, mais fatigantes avec tous ses faux guides qui nous harcèlent... si bien que nous fuyons vers la place Jemaa-El-Fna. C'est décidé, au retour du trek, nous ferons la visite guidée du souk, histoire d'avoir la paix !
La fin de journée se passe au bord de la piscine de l'hôtel pour se rafraîchir. Puis nous faisons connaissance avec Momo, le guide qui nous accompagnera pendant ce mois, et avec le reste du groupe, à savoir... Bruno ! Et oui, nous sommes un très grand groupe de 3 personnes ! Il y aura donc plus d'accompagnateurs que de trekkeurs : un guide, trois muletiers et 4 mules pour nous 3...
Dimanche 1er août 2004 : Transfert Marrakech - Oudiddi
Après une nuit dans cet hôtel de luxe, pendant laquelle nous avons dormi comme des loirs, nous partons en 4x4 pour rejoindre Imilchil par la route, puis Oudiddi par la piste. Momo profite de cette longue journée de voiture pour nous présenter son pays et nous raconter quelques légendes et traditions locales.
L'orage fait doucement son apparition, puis la grêle et les éclairs arrivent. Nous finissons le trajet sur une piste qui ressemble à un petit ruisseau. Nous goûtons donc dès le premier soir à l'hospitalité berbère : une famille nous propose de dormir dans leur salon et nous accueille avec un thé à la menthe.
Lundi 2 août 2004 : Oudiddi - Oughazi
L'étape d'aujourd'hui ne fait que 3 heures, histoire de se mettre tranquillement en jambes et de respecter la devise marocaine Doucement le matin, pas trop vite l'après-midi, tranquille le soir. Nous déjeunons donc à Oughazi, petit village situé au bord de l'Assif Melloul, à l'abri de la tente mess. Le petit vent de l'Atlas est agréable, sous ce soleil qui commence à taper fort...
Mardi 3 août 2004 : Oughazi - Batli
Nous commençons l'étape dans les gorges de l'Assif Melloul, qui fait de nombreux zigzags entre les falaises de calcaire rose. Les passages de gué sont nombreux, si bien que nous chaussons les claquettes pour ne pas tremper les chaussures de randonnée. Rapidement nous devons quitter le lit de la rivière pour passer par les hauteurs car l'orage d'avant-hier a fait gonfler le cours d'eau et l'a rendu dangereux. Nous traversons donc de minuscules groupes de maisons perdus dans la montagne, sans électricité ni eau courante. Le point d'eau le plus proche est bien souvent une source située à près d'une heure de mule... Les habitants berbères vivent de l'agriculture et de l'élevage et descendent une fois par semaine plus bas dans la vallée au souk pour y échanger les récolte et le bétail contre d'autres produits dont ils ont besoin (notamment thé et sucre), après quasiment une journée de marche.
L'étape est plus longue aujourd'hui et la fatigue commence rapidement à se faire sentir. La fringale arrive. Les petits gâteaux secs nous font patienter mais nous nous rendons rapidement compte que nous ne pourrons pas finir l'étape sans manger. C'est là que la légendaire hospitalité berbère prend toute sa dimension : nous sommes invités chez un agriculteur isolé à prendre un thé à la menthe accompagné de pain complet fraîchement sorti du four trempé dans l'huile d'olive. Ce déjeuner improvisé nous fait le plus grand bien et nous quittons ces charmants berbères la parole pleine de Barak allahoufik. Le reste de la journée est éprouvant et ensoleillé et nous finissons près de Balti exténués, les jambes lourdes et crispées après 11 heures de marche. Le thé à la menthe est le bienvenu et les étirements font un bien terrible. Le sommeil viendra sans peine ce soir...
Mercredi 4 août 2004 : Batli - Aït Boulmane
Le trekking d'aujourd'hui se résume en la montée et la descente du Tizi'n'Dêli. Quatre heures de marche pour arriver à une superbe place au bord de l'Assif Melloul. Pas moins de six sources jaillissent de cet endroit pour se jeter aussitôt dans la rivière.
Pendant tout l'après-midi, de nombreux paysans et bergers passent à proximité de notre campement en se rendant à Nargi pour le souk de demain. Nous en profitons pour acheter un chevreau à l'un d'eux. Le soir, c'est repas de fête ! Vickie revêt son costume de boulangère du Haut-Atlas pour assister Mohamed à la cuisson des pains au feu de bois. La technique est bonne, même si elle n'est pas encore très bien maîtrisée. Le pain est parfois un peu trop croustillant, mais c'est un régal ! Merci Vickie pour ton aide précieuse.
Après le déplacement de tout le campement un peu plus haut par rapport à la rivière par crainte de la descente des pluies d'orage, la soirée se termine auprès du feu de camp à déguster le chevreau et écouter les chants berbères entonnés par notre encadrement. C'est quand même bien les vacances...